Projet CLIMIBIO : Mieux connaitre les enjeux du changement climatique dans les Hauts-de-France

Qualité de l’air, biodiversité, impacts et perspectives : pendant cinq ans, la communauté scientifique a étudié les effets du changement climatique dans la région. Fruit d’un travail interdisciplinaire, un livre blanc a été rédigé, fournissant des données sur l’impact du changement climatique et proposant des pistes d’actions d’atténuation. Celui-ci se présente comme un outil d’aide à la décision.

255 scientifiques, 16 laboratoires, 14,7 M€ : le projet CLIMIBIO a pour but d’étudier l’évolution des milieux et du climat, d’analyser les impacts de ces évolutions sur la biodiversité, la qualité de l’air, la santé, la société et d’envisager les perspectives et stratégies d’adaptation à ces changements. Fruit de cinq ans de travail, les travaux ont été restitués sous la forme d’un livre blanc, se structurant autour 21 fiches. Celles-ci abordent de vastes sujets comme la physico-chimie de l’atmosphère, la combustion, la qualité des eaux, la biodiversité, les sciences humaines et sociales ou encore la santé. Les scientifiques se sont notamment intéressés aux émissions de particules fines et à la recherche de leurs sources. En raison de l’utilisation plus importante du chauffage l’hiver, leur taux sont souvent source de dépassements, confirmant ainsi la nécessité de poursuivre les efforts pour une meilleure isolation des bâtiments et pour des systèmes de chauffage moins polluants. Autre source d’émissions de particules fines : le trafic routier. Les scientifiques ont pu travailler sur l’analyse des particules (taille, concentration, composition chimique) : des tailles aussi petites que 2-3 nm ont notamment pu être identifiées, permettant de faire avancer la recherche sur ce sujet.

CLIMIBIO s’est également intéressé à la perception du changement climatique auprès des populations. Une enquête a ainsi été réalisée, mobilisant un panel de citoyens à Lille et Chauny. Parmi les personnes interrogées qui déclarent agir en faveur du climat, plus de la moitié (52 %) ont adapté leur mode de transport en utilisant davantage le vélo, ou moins souvent leur voiture. L’étude révèle cependant que 21 % des répondants n’ayant pas pris de mesures pensent que ce sont les entreprises et les industries qui doivent agir contre le changement climatique. Les industriels, perçus comme étant la principale source d’émissions de GES et de pollution, sont considérés comme « les acteurs devant agir en prenant pleinement leur part de responsabilité ».

Les scientifiques ont également travaillé sur une cartographie d’indices d’exposition, de sensibilité et d’adaptabilité des territoires face au changement climatique, notant des inégalités d’exposition. Un premier travail de récolte des données a été effectué à l’échelle de la région, sondant une vingtaine de bases disponibles en open data (ex : INSEE, IGN, DREES, COPERNICUS). À partir de ces bases, 91 indicateurs ont été sélectionnés : taux de chômage, taux de natalité surface d’espaces verts par habitant, mais également des indicateurs climatiques concernant la température (variabilité, vagues de chaleur, de froid), les précipitations (variabilité annuelle et saisonnière), la pollution des milieux, la fertilité des sols… Ces données seront mises en relation avec les indicateurs de santé disponibles en région. Ces résultats permettent d’identifier des points noirs environnementaux ainsi que des territoires sur lesquels de futures études épidémiologiques pourraient être mises en place afin de suivre l’état de santé des populations sur le long terme.

Le prochain programme de recherche ECRIN « Environnement Climat – Recherche et Innovation » poursuivra les recherches engagées dans le cadre de Climibio.

 Source : reseau-alliances.org

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